Nid #2

DSCF2453

Publicités

Arbres costumés

Les arbres qui longent les quais derrière le théâtre flamand ont mis leurs habits de bois. Deux longues lignées de troncs recouverts de planches brutes de la racine à la ramure. On les dirait mis en boîte, encercueillés. Sous ce sarcophage, la sève pourtant circule mais les branches élaguées n’ont pas encore de feuilles.
Une double allée majestueuse d’arbres-sculptures domine une place chaotique, éventrée par les travaux. La protection qu’on leur a mise leur confère un statut d’objets, les sort du cadre urbain et leur donne une présence d’une densité rare.

En temps ordinaire, ces simples arbres passeraient inaperçus pourtant, la répétition du même costume pour chacun d’eux crée un espace inhabituel, un espace théâtral, qu’on perçoit avec un frisson esthétique.

Le melon

Ferme les yeux et palpe-le entre tes mains.
Il a un poids, il pèse lourd. Il a une forme, il est rond, rond comme un ballon.
Il a une structure que l’on sent sous les doigts, des quartiers de croissance comme ceux d’une orange.
Il a une texture, c’est la première chose que l’on effleure. Sa peau rêche, grumeleuse gratte. Ce melon on le dirait sec s’il n’était si lourd et plein.

Continue l’exploration avec les lèvres.
Elles sentent la rotondité, la sécheresse de la peau mais en cheminant sur le fruit, elles rencontrent un mamelon dur, presque blessant. Tout autour la surface  s’incurve en une douceur exquise que la langue a envie de goûter, comme le ferait un enfant pour mieux connaître.
Le melon roule d’une pommette au creux du nez, sur le cou et pèse dans le creux de l’épaule.
Ouvre les yeux et contemple la surface douce que tu as goûtée du bout de la langue, quelques centimètres carrés autour du pédoncule. Tu auras la surprise de voir qu’elle est du plus beau vert qui soit.
La découverte est telle que l’on en reste pantois ! En aucun moment, les yeux fermés, on n’avait pensé à la couleur et celle-ci se révèle bouleversante